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Rencontre avec Alexis Laumaillé, talentueux auteur de La Main du Singe.
Pourquoi avoir choisi une narration en deux actions parallèle pour La Main du singe ?
La trame repose sur une enquête qui nous force à remonter le temps, alors qu’en parallèle l’histoire suit son cours J’aime bien cette idée d’onde de choc partie d’un instant T qui se propage dans le futur comme dans le passé.
À quoi va ressembler l’ensemble de la série ?
Il y aura trois tomes toujours avec la même structure, mais le narrateur changera d’un album à l’autre. Des petits événements vont en engendrer de plus grands car à un moment des responsables n’ont pas vu l’importance de ce qu’ils avaient sous les yeux. Mais je ne veux pas trop en dévoiler, il faut que le lecteur reste au niveau du personnage et de sa quête de vérité.
Quel a été le point de départ de La Main du singe ?
Tout est parti de cette histoire de greffe. Je trouvais intéressant de raconter l’histoire de quelqu’un qui a pris le corps d’un autre. Il doit assumer son propre passé et celui de son donneur qu’il ne connaît pas. Je suis très attaché à la séquence du repas familial où boit à la paille et ne veut pas parler. Ce moment me permet de construire le personnage. Il constate ce qu’il est en train de perdre, il va voir ensuite ce qu’il représente désormais.
La récente greffe de visage, a-t-elle été à l’origine de cette idée ?
Effectivement j’ai commencé à travailler sur cette histoire quand la première greffe de visage a été annoncée. Il m’est quand même hasardeux de me souvenir du processus exact de mes idées.
Ensuite arrivent un groupe d’Indiens consécutif à la présence de tatouage sur le corps du donneur…
Les Indiens sont arrivés dans mon histoire comme un évidence cachée. Mon personnage se fait tatouer des motifs qu’il considère décoratifs. Or pour ces indiens, ces tatouages ont une vraie signification. Un peu comme des idéogrammes chinois que nous ne savons pas lire.
Serait-ce une critique de la mode du tatouage tribal ?
Je n’ai pas d’avis sur le tatouage en général. Il me semble que porter un tatouage tribal a quelque chose de très colonial. Je l’assimile à un vol de culture, une tricherie. On cherche à appartenir à un club dont on n’a pas la carte. Évidemment au lecteur d’interpréter cela comme il veut.
Il est question de numérisation des archives de l’armée américaine, ces archives sont-elles appelées à jouer une rôle important ?
Oui, c’est même très important. Encore une fois je ne veux pas trop dévoiler mon histoire. Je dirais juste que je suis fasciné par ces archives que les états conservent et qui apportent souvent la preuve de barbaries passées. Je ne sais pas comment on peut oser garder l’immoral. Je suis persuadé que les fonctionnaires chargés de cet entretien le font mécaniquement, sans se sentir responsable de ce à quoi ils participent.
Pourquoi le titre La Main du singe ?
C’est le titre que j’ai choisi au tout début du projet quand je n’avais qu’un embryon d’histoire. Je l’ai conservé comme pour garder la trace de ces débuts. Mais bien sûr il y aura des éclaircissements dans les prochains épisodes…
Alexis Laumaillé en quelques dates :
- 16 avril 1975, naissance à Caen
- Juin 1993 – obtient le Bac C
- Juin 1996 - échoue à la licence de math
- De septembre 1996 à juin 1999 - Étudie la BD en Belgique à Saint Luc
- Mai 2000 - Remporte le concours jeune talent du Festival de Sierre en Suisse
- Février 2004 - Publication de Melissa tome 1 aux éditions Delcourt
- Juin 2008 - Publication de La Main du singe tome 1 chez Grand Angle
> Voir aussi :
La fiche de La Main du singe
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