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Laurent Galandon, scénariste habité par le devoir de mémoire, nous livre des récits à la fois passionnants et profondément ancrés dans l'histoire.
Sa nouvelles série, Le cahier à fleurs, a pour toile de fond le génocide arménien, un sujet lourd qu'il traite comme à son habitude à travers le prisme de ses personnages. Il s'est associé à la dessinatrice Viviane Nicaise.
Le cahier à fleurs
de Galandon et Nicaise
Sortie avril 2010

Paris, 1983. Le concert d’un jeune violoniste turc est interrompu par le malaise d’un spectateur. Alors que les secours sont attendus, le vieillard prononce quelques mots qui attirent vivement l’attention du musicien. Dès le lendemain, il se rend au chevet de Dikran Sarian, septuagénaire arménien. Le vieil homme se lance alors dans un long récit : celui du premier génocide du 20e siècle, le génocide arménien.
Anatolie, 1915. Dikran a neuf ans. Sur ordre d'Istanbul, les Arméniens doivent être éradiqués. Partout, l'armée ottomane rassemble les hommes et les supprime sommairement. Femmes, vieillards et enfants sont évacués et contraints à une longue marche vers la mort.
Le jeune musicien écoute avec intérêt le récit de Dikran… Et cette histoire va provoquer un véritable bouleversement dans ses croyances et ses convictions.

Laurent Galandon, scénariste, à propos de la genèse du projet :
Régulièrement lors d’interviews ou de rencontres, la question revient : pourquoi me suis-je intéressé au génocide arménien (Le cahier à fleurs), à la Shoah (L’envolée sauvage) ou à la Guerre d’Algérie (Tahya El-dajzaïr) ? Parfois même, insidieusement, ma légitimité à aborder de tels sujets est interpelée (je ne suis ni juif, ni arménien et je n’ai pas connu la guerre d’Algérie). Aussi a-t-il fallu que je cherche une réponse, tant pour mes interlocuteurs que pour moi-même. Et la réponse évolue avec le temps…

Evidemment, l’Histoire du 20ème siècle m’intéresse particulièrement, et notamment dans ses résonances – parfois de manière discordante - avec aujourd’hui. Il ne s’agit pas de militantisme mais plutôt d’un devoir de mémoire et, dans une certaine mesure, d’une position citoyenne. Avec ces récits, j’espère modestement rappeler (et « faire connaître » dans certains cas) que, non seulement, ces périodes ne doivent jamais être oubliées mais aussi qu’elles doivent accéder à une reconnaissance légitime.
Cependant mes histoires restent avant tout celles des personnages qui les vivent : des individus « en résistance » et qui, malgré leur situation tragique, continuent à croire en des valeurs telles que l’amitié et la solidarité.
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