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Avec l'Oeil du Doberman, Patrick Cothias et Patrice Ordas, associés au dessinateur Beb Zanat, revisitent les heures noires de l'humanité. Ils évoquent une facette souvent mal connue du nazisme, l'Ahnenerbe. Cette société était destiné à prouver la validité des théories nazies sur la supériorité raciale, à travers des recherches anthropologiques et archéologiques.
L'Oeil du Doberman
de Cothias, Ordas, Zanat
Pendant une guerre, un soldat sauvant la vie de son supérieur est honoré. Une telle action lui vaut l’estime de tous. En principe…
Mais le fait d’armes du soldat Arno Ixks, du 16ème d’Infanterie Bavarois, ne lui valut que des remords et beaucoup d’ennuis.
En octobre 1918, il est allé chercher, sous le feu, son caporal aveuglé par le gaz moutarde, lui épargnant ainsi une mort atroce. Le gradé était un petit teigneux frustré, mais courageux. Il s’appelait Adolf Hitler.

Patrice Ordas à propos de la genèse du projet :

Hitler était fou.
Cette affirmation péremptoire assénée par maints spécialistes de la Seconde nous donne bonne conscience. Il s’agit, en fait, du seul argument nous empêchant de cesser définitivement de croire en l’homme. Qui, autre qu’un dément, aurait osé programmer l’extermination de millions d’êtres vivants ? Nous qualifions semblablement tous ceux, conquérants ou tueurs en série, dont le comportement échappe à notre raison. Nous tremblons à l’idée que près de nous, un enfant, le nôtre peut-être, puisse un jour se révéler monstrueux, sans que nous puissions empêcher cette mutation.
Hélas, Hitler n’était pas fou. Pas plus que vous ou moi. Il était, de plus, un remarquable « communiquant » qui savait l’importance de l’apparence des choses. Comme Napoléon 1er avant lui, il avait compris que le choix d’une couleur, d’un symbole, d’un slogan, d’un uniforme, était perçu comme d’émanation d’une puissance supérieure.

Pour Hitler, ce pouvoir suprême n’était pas l’héritage du Christ, mais d’une race supérieure, celles des Atlantes, des habitants du continent Mû, et d’Hyperborée : les Aryens. Il suffisait au Chancelier, de rassembler les preuves historiques de leur existence pour qu’il régnât sur l’univers entier.
Le plus troublant est qu’une large part de la communauté scientifique allemande s’associa à ce projet. Si elle y collabora, ce ne fut pas toujours par crainte de représailles, mais parce qu’il existait en effet, dans le monde, des objets ou des phénomènes inexpliqués.
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