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Jean Trolley, dessinateur du... Dessinateur


Jean Trolley, dessinateur du... Dessinateur

Rencontre avec Jean Trolley, ancien musicien professionnel reconverti dans la BD, pour notre plus grand plaisir visuel !







En comparant votre photo et les planches qui suivent, les lecteurs pourront remarquer que vous êtes le modèle du personnage. Pourquoi ce parti pris ?

J’avais tellement peu d’affinité avec ce personnage d’assassin que je ne savais pas quelle tête lui donner. Or, je possède, un pistolet à eau, une grossière imitation de colt. Je me suis pris en photo avec l’objet en main, ça fonctionnait. Finalement c’est très pratique d’avoir un modèle vivant à disposition.

Utilisez-vous d’autres proches pour incarner les personnages de la BD ?

Pour le personnage du Samouraï –qui jouera un rôle important dans le deuxième épisode-, j’ai utilisé le physique d’un de mes copains saxophoniste de jazz. En fait, c’est le mec le plus charmant du monde, alors que le personnage est un dangereux psychopathe. Sinon comme tous les dessinateurs, je fais ma propre cuisine. Pour Léa par exemple, je me suis inspiré des attitudes d’une actrice italienne.

Le personnage du dessinateur vous est-il finalement devenu plus sympathique ?


Il n’est pas antipathique, il est complètement malade. Il souffre et surtout il est solitaire. Je sais que quand on vit seul et qu’on galère, on tourne en rond, on perd pied avec la réalité.

Comment vous trouvez-vous à réaliser votre premier album, la quarantaine bien tassée ?

Quand j’étais jeune, je voulais à la fois faire du dessin et de la musique. Mais il s’est avéré que les deux étaient inconciliables. J’ai donc commencé par devenir musicien. Et plus tard, je suis retourné au dessin avec la BD pour objectif. J’ai d’abord commencé par l’illustration, autant réaliste qu’humoristique. Au fil des commandes je me suis piqué de passion pour l’Histoire. Mon travail le plus abouti, Ulysse sur des textes de Stéphanie Janicot, une parodie de l’Odyssée très proche de la bande dessinée.

Quel chemin vous a mené au Dessinateur ?

J’ai rencontré François Dimberton par l’intermédiaire d’un ami. C’est un monsieur très actif qui avait envie de revenir au scénario de bandes dessinées. Il m’a proposé plusieurs projets dont Le Dessinateur sur lequel il travaillait déjà avec son ami Erroc. Pour moi c’était une occasion à ne pas manquer d’autant plus que je suis amateur de polars. Pour l’éditeur, il était important de confier les dessins à un Parisien pour que l’atmosphère de la ville se dégage immédiatement. Au départ mon dossier était constitué d’un carnet de croquis des rues parisiennes. J’ai ensuite fait deux planches d’essais et ça a collé.



Pour les décors, utilisez-vous la photo en repérages ?

Oui, j’ai pris beaucoup de clichés…

Même pour les sorties de prison ?

Aussi, mais en me faisant très discret ! J’ai passé beaucoup de temps à rendre l’exactitude des décors, sauf dans certains cas où les lieux étaient difficilement accessibles, par exemple l’intérieur du Quai des Orfèvres ou du Palais de Justice.

Quelles sont vos références en dessin ?

Dans mon panthéon personnel, il y a définitivement Franquin, Jijé et Tillieux,… puis les fondateurs Américains Milton Caniff, Alex Raymond, Al Foster... Mon troisième choc, c’est Pratt et mon quatrième est venu avec les nouveaux auteurs américains comme Frank Miller et Mike Mignola. En fait, je me suis rendu compte que je cherche à m’approcher de l’expressionnisme noir et blanc que l’on trouve également dans les classiques du cinéma. Finalement c’est un trait d’union entre tous les auteurs que j’admire. Pour me faire la main, en retravaillant les cases de Jijé, j’ai pu me rendre compte de la beauté de son noir et blanc, malheureusement gâché par la couleur. Il y a un lien évident entre Jijé et Pratt.

Vous préférez donc le trait épuré…

J’hésite souvent entre des éléments très dépouillés et d’autres plus fouillés. Et quand je ne suis pas content d’une case, je la recommence entièrement. Cela m’est souvent arrivé au début de l’album que j’ai livré avec un certain retard. Maintenant, je pense avoir trouvé mes marques. Mon rythme va s’accélérer.

Vous vous dites amateur de noir et blanc. Était-ce difficile de travailler sur une bande dessinée destinée à la couleur ?


J’ai travaillé très étroitement avec la coloriste, Camille W. de Prévaux. Je voulais un traitement proche de celui de certains comics modernes comme ceux d’Alex Maleev, avec des couleurs expressionnistes mais pas forcément réalistes. Mes éditeurs voulaient plutôt s’inscrire dans la tradition franco-belge. Je pense que nous avons trouvé les bons compromis.


Voir la fiche du Dessinateur


4 commentaires


Posté par Fabienne le 27 mars à 23h18

Je me réjouis de pouvoir rencontrer Jean Trolley lors du salon POLAR EN PLEIN COEUR, les 11, 12 et 13 juin prochain à l'espace des blancs manteaux à Paris 4ème. Jean Trolley y sera derrière son dessinateur les samedi et dimanche après midi.

Posté par lacoche le 27 novembre à 11h41

Bravo, Jean Trolley! A bientôt. Ph.L.

Posté par anonyme le 02 mai à 16h16

félicitation monsieur !!!!
ramina
grobis

Posté par seydou koné et kevin daninthe (encien éleves escm) le 12 décembre à 10h17

félicitations pour la sorti de votre BD nous sommes tres contents de voir votre travail aboutir et nous vous souhaitons une tres bonne continuation !!


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