Dédicaces Grand Angle - tout au long de l'année
Vous pourrez rencontrer ces auteurs en dédicace (date ...
> Lire la suite
Normandie été 1944, l'avion de Weston Lennox est abattu par la chasse allemande. Blessé, il est recueilli par un solide fermier, Auguste Briant qui le cache et le protège au nez et à la barbe de l'occupant, bravant le danger qui plane sur lui et sa famille.
Tranquille courage n'est pas une fiction. C'est une reconstitution fidèle qui a bénéficié d'un grand nombre de témoignages directs, dont celui de l'américain volant.

Nonagénaire et toujours vaillant, Weston Lennox vit aujourd'hui avec son épouse dans une maison isolée au coeur des montagnes rocheuses. Joint par téléphone, il a répondu à nos questions.
Qu'avez-vous ressenti en découvrant une partie de votre vie en bande dessinée ?
Malheureusement, ma connaissance du français reste limitée. Je capte donc l'histoire en général et elle me semble très proche de ce que j'ai vécu. Les éléments graphiques m'évoquent beaucoup de choses. La ferme apparaît comme dans mon souvenir…
Avez-vous découvert des détails qui vous avaient échappé à l'époque ?
Oui, beaucoup de choses que j'avais ressenties mais que je n'avais pas vues. Pendant tout ce temps, je vivais caché dans l'obscurité. Aujourd'hui, je réalise encore mieux le courage d'Auguste. En m'aidant, il mettait sa vie et la vie de
sa famille en danger. Les Allemands se déplaçaient la nuit pour éviter l'aviation, ils s'installaient dans les fermes. Si j'avais été découvert, cela aurait été une catastrophe…
Y a-t-il encore des détails qui restent mystérieux ?
Oui, quand j'ai atterri avec mon parachute, une femme accompagnée d'une petite fille m'ont invité par signes à les suivre. Elles m'ont conduit vers la grange où je me suis caché car je me doutais que les Allemands me cherchaient.
Aujourd'hui, je ne sais toujours pas qui était cette femme...
Pensez-vous qu'Auguste est un héros ?
Oui, pour moi c'est un héros fantastique. J'étais blessé, isolé et il m'a sauvé la vie en me cachant. Je lui en serai toujours reconnaissant. Et une force de la nature avec ça ! Il m'impressionnait beaucoup.
Racontez-nous votre première rencontre…
C'était très délicat. J'étais blessé, je me cachais dans le foin. Quand il est arrivé, j'avais l'arme au point, je ne savais pas si j'avais affaire à un Français ou à un Allemand. Quand j'ai vu qu'il portait des sabots et qu'il était accompagné
d'une femme, cela m'a rassuré. Ensuite il m'a apporté à boire et à manger, mais je ne touchais à rien, non pas parce que je me méfiais, mais parce que chez nous, il était malpoli de manger debout et de commencer un repas avant notre hôte. J'avais été éduqué comme ça…

Deux mois de guerre caché dans un tonneau, comment avez-vous changé après cette expérience ?
À l'époque, j'avais à peine 20 ans. Comme tous les jeunes hommes, je brûlais la chandelle par les deux bouts. Cette parenthèse m'a donné la chance d'apprécier la valeur de l'existence. Auguste m'a permis de partager sa vie proche de la nature. Depuis, périodiquement, j'arrête tout pour prendre des moments de réflexion.
Vous vivez aujourd'hui dans les rocheuses, loin de la ville, le devez-vous aussi à votre séjour dans la campagne normande ?
Je pense que j'avais une prédisposition pour ce mode de vie. Pendant mon enfance, nous allions en vacances à la campagne et j'aimais ça. Je crois cependant que mon histoire en Normandie a magnifié mon désir de vivre en pleine nature.
Pourquoi vous êtes-vous engagé dans l'US Air force ?
J'étais un enfant turbulent et les avions m'intéressaient. La guerre arrivait, je voyais des amis qui s'engageaient et revenaient ragaillardis après une année d'entraînement. Ça m'a plu.
Aviez-vous conscience que vous pouviez risquer votre vie ou être amené à tuer ?
Quand la guerre est arrivée, nous ne savions encore rien de la Shoah. Il était pourtant évident qu'Hitler était une menace pour l'humanité. La guerre devait être menée et nous devions la gagner. Dans ces circonstances j'ai accepté
de courir des risques drastiques. Depuis la guerre, je ne chasse plus. Après avoir chassé des hommes, on ne tue plus les animaux.
Pour terminer sur une note plus gaie, quel souvenir gardez-vous du calva d'Auguste ?
Ah, il m'apportait toujours de la nourriture avec du café dans un thermos et une petite bouteille de son calva. C'était très fort ! Un jour, il m'a fait sortir de mon tonneau pour m'inviter à la distillation de son eau de vie à l'aide d'un alambic qu'il avait planqué pour éviter la réquisition. Pour moi qui ai une formation d'ingénieur, ce fut une expérience marquante…

> En savoir plus sur Tranquille courage
0 commentaire
Aucun commentaire pour l'instant.
N'hésitez pas à en poster un.