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Accueil > News > Les coulisse de Jusqu'au dernier - partie 02 - les secrets d'écriture de Jérôme Félix

26/11/2019

Les coulisse de Jusqu'au dernier - partie 02 - les secrets d'écriture de Jérôme Félix

Encore plus de détails sur la création de "Jusqu'au dernier" avec son scénariste Jérôme Félix! 

 

 

SCÉNARIO


Comme Tome ou Yann, je fais partie de ces scénaristes qui préfèrent livrer leur script sous forme de petits storyboards. Sur les deux premiers tomes deL’Héritage du diable, Paul les suivait scrupuleusement. L’idée était qu’il puisse se consacrer au dessin sans avoir à se soucier de la narration. Aujourd’hui, il a toute latitude de changer mon story qui est de moins en moins précis. Ce qui est étonnant, c’est que je reconnais tous mes trucs dans la mise en scène de Paul, mais en nettement mieux. Je n’en suis pas peu fier...

Story-board de Jérôme Félix à gauche,
celui de Paul Gastine à droite.

 

 

 

RETOUCHE DE PLANCHE


Dans chaque album, il y a toujours des planches qui posent problème. Ici, ce fut notamment le cas pour la 15 qui pourtant, n’avait soulevé aucune inquiétude à la lecture du script.
J’ai immédiatement compris que la page ne fonctionnait pas quand je l’ai vue terminée. Primo, le fait qu’il se passe du temps entre les case 5 et 6 n’était pas suffisamment explicite. Secundo, l’idée que Russell donne ses économies à Kirby pour que ce dernier s’occupe de Bennett m’apparaissait anecdotique alors que c’était censé être l’idée forte de la page. Il m’a fallu une bonne journée pour comprendre que c’était la case 5 qui posait problème. Le fait qu’elle occupe toute la largeur de la page faisait que le lecteur ne savait pas si elle faisait partie de la première partie de la page ou de la seconde. Ça pouvait tout autant être un zoom de la case 4 où un “dézoom” de la case 6. De plus, la taille de la case donnait plus d’importance au visage de Russell qu’à son sac.
En allongeant la hauteur de la case 1 et en réduisant la largeur de la 5, on intégrait cette dernière dans un espace-temps clair (celui où tous nos héros sont ensemble) et dans lequel le sac d’argent venait conclure la scène.


J’ai également demandé à Paul d’enlever la case 7 (celle des sabots) qui cassait le mouvement de la caméra de la seconde partie de la page. Sans les sabots, on part d’un plan éloigné (les cavaliers qui arrivent dans le canyon), on enchaîne avec la case des outlaws vus de dos cadrés en plan moyen et on finit sur un gros plan (Russell). C’est vraiment important d’avoir une logique claire dans un découpage et les sabots vus en gros plan cassaient cette logique narrative. À partir de là, j’ai réécrit les dialogues de la page pour qu’ils correspondent à notre nouvelle narration.


Ce qui est chouette dans notre relation de travail avec Paul, c’est qu’on accepte tous les deux que l’autre puisse intervenir sur notre travail. Paul peut intervenir quand il veut sur mes dialogues par exemple et moi sur sa mise en scène. Comme on veut tous les deux le meilleur livre possible, ça ne pose pas de problème.

 

 

FAIRE DESSINER UNE GRANDE IMAGE À PAUL


Paul déteste ça. Il trouve ça inutile. Pour lui, c’est juste un truc pour dire : « Regardez comme je dessine bien, regardez, regardez ! » Comme Loisel, il est convaincu qu’on peut tout à fait épater le lecteur dans des petites cases bien composées et surtout narratives. Pour Paul, plus de cases, c’est plus d’histoire et tant pis si ça l’empêche de briller. Maintenant que vous savez ça, imaginez combien il fut difficile de le convaincre de dessiner la page 3. Eh bien, en fait non. Il adorait l’idée du titre en prégénérique de l’album... Mais ce fut la seule exception de l’album avec l’image de la page 4. Deux grandes images sur deux pages qui se suivent... incroyable !

 

 

METTRE EN SCÈNE DES COW-BOYS


Avant la guerre civile (1861-1865), le travail des cow-boys consistait à conduire les bovins du Texas vers les marchés de l’Est et de l’Ouest. Mais après-guerre, leur rôle prend une importance vitale. En effet, les Longhorns du Texas doivent désormais traverser la moitié du pays pour nourrir les colons qui affluent dans l’Est. Les voyages qui peuvent durer jusqu’à 4 mois doivent être menés par des hommes expérimentés. Mais malheureusement pour eux, le développement du train va tout changer et en à peine 10 ans, les cow-boys se retrouvent quasiment sans emploi. La plupart n’arriveront pas à se réintégrer dans un monde qui lorgne déjà vers le XXe siècle...
J’adorais vraiment l’idée de mettre en scène la fin d’un monde, celui de l’homme libre qui vit dans la nature et l’arrivée d’un nouveau plus civilisé. À part le western, je ne vois pas d’autres univers où ce contraste est possible.

 

 

CHOIX DU TITRE


Au début du projet, l’album s’appelait : Le dernier cow-boy. Ça n’emballait pas vraiment Paul et on s’était dit qu’on y réfléchirait plus tard. Et puis la séquence qui devait justifier ce titre n’a pas survécu à la seconde version du script. On a donc avancé sans titre jusqu’au moment où l’éditeur nous l’a demandé.


On décide alors de se prendre un après-midi pour arrêter notre choix et au bout d’un moment Paul qui aimait bien le mot “dernier” du titre initial propose Jusqu’au dernier… en me demandant de trouver le dernier quoi. Jusqu’au dernier moment, Jusqu’au dernier soupir, on passe deux heures à essayer des tas de choses sans trouver. Et là, je dis à Paul que Jusqu’au dernier tout court marche parfaitement !

 

 

 

 

CHOIX DE LA COUVERTURE

 

Pour le choix de la couverture, c’est toujours pareil, personne n’est jamais d’accord. Les auteurs veulent ça, les éditeurs autre chose et les commerciaux n’aiment rien... Ça discute, ça hurle, ça s’empoigne !!! Les uns menacent, les autres supplient... Le rituel est immuable

Pour la couverture de Jusqu’au dernier, on a proposé en premier, la couverture qui deviendra celle de l’édition courante mais Bamboo nous a demandé d’autres propositions. Paul a produit une série de 8 images. Pour nous la plus belle visuellement était la 8 mais on était d’accord avec Bamboo pour dire qu’elle ne racontait pas un moment suffisamment percutant. Finalement on a sélectionné la 2 et la 7. Je suis ensuite allé demander conseil à mon voisin et ami Denis Bajram, réputé dans le milieu pour être un magicien de la couverture. Je l’ai vu s’emparer de la proposition 2 et la faire mûrir. Plus de contraste, le fusil remplacé par deux colts. Pour moi, c’était fait, on avait la couv’. Paul adorait. Bamboo moins. On a convenu que Paul finalise les 3 propositions pour arrêter notre choix (couverture édition courante – couverture édition luxe + visuel ex-libris). Mais entre-temps, l’éditeur avait montré la couverture initiale à des libraires qui l’ont adorée. Problème, nous on en voulait plus... Quand je vous dis que les couvertures, c’est toujours le bazar...


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