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Rencontre avec Gilles Arris, dessinateur de L'Écluse !

21/06
À l'occasion de la sortie du thriller L'Écluse, rencontre avec le dessinateur Gilles Arris ! 
 
Avec son ambiance années 1950, ses personnages truculents et son soleil méridional qui habille les paysages, cette Écluse pourrait prendre sa source chez Pagnol ou Giono. C’est pourtant du côté de Hugo que Philippe Pelaez semble avoir puisé l’épaisseur de ses héros. Car si le jeune Octave, sorte de Quasimodo moderne, se voit cloué au pilori par les habitants de son village pour des crimes qu’il n’a pas commis, la belle Fanette qui le défend a tout d’une nouvelle Esmeralda. Et comme dans notre Notre-Damede-Paris, il y a du tragique dans cette histoire qui pointe du doigt les petites lâchetés individuelles et les grandes bêtises collectives à travers le microcosme d’une petite commune rurale. On s’attache vite à ces personnages croqués avec beaucoup de sensibilité par Gilles Aris (La Ballade de Dusty) et on pourrait même verser une larme en refermant l’album, tant son dénouement prend aux tripes. L’Écluse vous attend : plongez !
 
Comment est née cette collaboration avec Philippe Pelaez ?
Gilles Arris : Après Lucienne, on avait enclenché un autre projet avec Aurélien Ducoudray, mais celui-ci ne décollait pas. Hervé Richez, le directeur de collection de Grand Angle, m’a alors proposé L’Écluse à la lecture. J’ai tout de suite accroché au scénario. Les rapports entre les personnages et les dialogues sont naturels et vivants. Le temps de se caler sur le ton graphique et les personnalités des protagonistes, et c’était parti.
 
C’est une histoire très sombre… dans des paysages lumineux. A-t-il été difficile de trouver le ton juste, notamment pour les couleurs ?
Gilles Arris : Je suis originaire de Toulouse, ma première mini-série, Le Vieux Ferrand, était déjà un polar rural qui se situait dans la région. J’ai grandi dans ces ambiances-là, tout comme Philippe d’ailleurs. Pour les couleurs, je suis resté un peu dans la lignée de Lucienne en posant une sorte de filtre jaune qui crée une ambiance un peu vieillotte et donne une cohérence à l’ensemble, tout en accentuant le côté chaleur du SudOuest. Je ne me suis donc pas trop posé de questions et les couleurs sont venues assez naturellement.
 
On pense beaucoup à Giono ou au Pagnol de Manon des Sources pour l’ambiance. Quelles ont été tes inspirations ?
Gilles Arris : Je suis allé voir quelques films des années 60, surtout du côté de Jacques Tati où il y a un ton et des attitudes (Jour de fête notamment) qui m’ont bien mis sur les rails. Philippe m’avait aussi fourni de la documentation sur Douelle, le village où se trame l’histoire et qu’il connaît bien. J’ai pu y aller moi-même lors de vacances et constater que les lieux étaient bien plus petits que je ne les avais interprétés sur les photos. Ça m’a fait revoir un peu plus justement certains espaces !
 
Après La Ballade de Dusty, c’est à nouveau un album qui met en lumière les marginaux. As-tu une affection particulière pour eux?
Gilles Arris : Une affection, je ne sais pas, mais de l’intérêt sans doute, pour essayer de comprendre comment les esprits fonctionnent, surtout ceux-là. Il y a des films que j’adore, le fantastique Freaks de Tod Browning ou Elephant Man de Lynch, par exemple. Dans L’Écluse, on est sur une marginalité plus subtile, mais qui s’en rapproche par les réactions de ceux qui ont peur et rejette cette différence. Mais oui, je dois avoir un attrait pour les marginaux puisque je prépare un nouveau projet avec Aurélien Ducoudray qui va totalement confirmer cela, mais je n’en dis pas plus pour l’instant !

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