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22/03/2021

Entre secrets et émancipation féminine, Facteur pour Femmes s'offre un deuxième volume !

L'auteur Didier Quella-Guyot, avec Manu Cassier au dessin, poursuit l'aventure des femmes de la petite île bretonne et de leur terrible secret.

 

 

 

La première Guerre mondiale a commencé : tous les hommes valides sont appelés au front. Sur cette île de Bretagne, seul un jeune homme au pied-bot y échappe : Maël. Décidé à être utile malgré son handicap, il devient facteur et distribue le courrier aux habitants restants, principalement des femmes désormais seules. Alors qu'elles n'avaient jamais posé les yeux sur lui, elles découvrent un homme vigoureux et sensible avec lequel chacune tisse une relation, jour après jour. La guerre est loin et Maël espère secrètement qu'elle ne s'arrête jamais.

 

Mais tout a une fin. Les rescapés des combats reviennent chez eux et retrouvent leur place auprès de leurs femmes. Maël, quant à lui, disparaît subitement suite à un accident... Mais ces femmes qu'il a tant côtoyées sont-elles vraiment innocentes ?

 

Un lourd secret les lie désormais. Elles sont différentes les unes des autres mais toutes complices de cet "accident". La solidarité est le mot d'ordre : il est hors de question que la vérité soit révélée. Le secret les protège du scandale, ainsi que de leurs maris. Mais toutes ne sont pas aussi tenaces face à la culpabilité... Et les soupçons de certains hommes rendent leur mensonge d'autant plus difficile. Au fil des années, certaines complices pourraient bien entraîner toutes les femmes du facteur dans leur chute.

 

 

 

 

Dans ce deuxième volet, l'auteur rend hommage aux femmes fortes de l'après-guerre : alors qu'elles ont pris la place des hommes et ont réalisé des tâches dont on les avait toujours écartées, le retour à la normale s'avère bien plus abrupt que prévu. Leurs maris s'attendent à reprendre leur rôle tel qu'ils l'ont laissé. Mais des années sans les hommes ont changé ces femmes : elles ont pris conscience de leur force et de leur potentiel. Leur volonté d'émancipation ne se fait pourtant pas entendre : l'État a besoin d'elles pour repeupler le pays au plus vite.

 

 

 

 

Mais l'album leur donne la place qu'elles méritent : le premier rôle, sur le devant de la scène. Dans ce deuxième tome, il n'est pas question du facteur mais des femmes qui l'ont fait grandir. Les hommes sont relayés au second plan : il est ici question des femmes dans toute leur entièreté, de leur intimité jusqu'à leur force de caractère. Unies autour d'un même objectif, celui de taire la vérité, elles font face ensemble au retour des hommes... Et au retour à la normale.

 

Le deuxième volet de Facteur pour Femmes, signé Didier Quella-Guyot et Manu Cassier, est à retrouver dès maintenant en librairie.

09/03/2021

Nord contre Sud : Ennemis nous replonge dans la Guerre de Sécession

Le premier tome d'Ennemis, signé Kid Toussaint et Tristan Josse, nous présente l'équipe du sergent Kane : avec seulement sept hommes, il a reçu pour mission de barrer la route au redoutable commandant adverse, Jeb Stuart.

 

L'album Ennemis vous fait de l'œil mais vos repères historiques sont flous ? Pas d'inquiétude, nous vous proposons un rapide résumé de la Guerre de Sécession pendant laquelle se déroule le scénario. Une fois votre mémoire rafraîchie, vous n'aurez plus qu'à vous plonger dans l'album et profiter de votre lecture !

 

La Guerre de Sécession, communément appelée Civil War par les citoyens américains, a duré de 1861 à 1865. Il s'agit en effet d'une guerre civile puisqu'elle a opposé le peuple des États-Unis, alors divisé en deux camps. Mais comment tout a commencé ?

 

 

 

                Deux territoires que tout oppose

 

Avant même le début de la guerre, des différences subsistent entre les états du Nord et les états du Sud. Les états du Nord sont fortement industrialisés et possèdent la plus grande majorité des lignes de chemin de fer du pays. Les états du Sud, au contraire, sont majoritairement agricoles : ils exploitent de nombreuses plantations de coton, de tabac ou encore de canne à sucre. En plus de cette disparité économique, le Nord possède plus d'habitants que le Sud : 22 millions d'habitants pour l'un, contre seulement 9 millions d'habitants pour l'autre (parmi eux, 4 millions d'esclaves qui travaillent dans les plantations). La richesse des états du Sud repose en grande partie sur l'esclavagisme.

 

C'est pourquoi ils craignent pour leur économie lorsqu'Abraham Lincoln est élu président des États-Unis : il défend ouvertement les droits des esclaves et souhaite abollir l'esclavage. Le 20 décembre 1860, les états  du Sud réagissent à son élection en se désolidarisant du reste des États-Unis : c'est la sécession. Ils créent la Confédération des États-Unis d'Amérique, désignent Jefferson Davis comme président et choisissent la ville de Richmond en Virginie pour capitale.

 

 

 

                L'escalade de la violence

 

Mais la guerre ne commence que le 15 avril 1861 : les forces confédérées décident d'attaquer un fort qui appartient au gouvernement fédéral. En réponse, Abraham Lincoln n'a d'autre choix que de lancer un appel aux armes.

 

Même si les états du Nord qui se font appeler "L'Union" sont bien plus nombreux, les états confédérés du Sud sont dirigés par des stratèges dont le général Robert Edward Lee. Ils parviennent à tenir tête aux états du Nord qui accumulent les avantages, comme leur budget militaire, leur équipement industriel et leur force maritime.

 

L'affrontement à Bull Run en juillet 1861 marque la première victoire des confédérés du Sud, alors qu'ils ont 4 000 soldats de moins que les nordistes.

 

 

 

En 1862, c'est l'Union qui parvient à stopper la course des sudistes à Antietam. Malgré ses tactiques, Robert Edward Lee ne peut faire face au double de ses effectifs : 40 000 confédérés contre 80 000 unionistes. La bataille est perdue d'avance.

 

Pendant cette année, Lincoln met en place une économie de guerre terriblement efficace : toutes les forces du pays y sont consacrées. En septembre, il proclame l'émancipation des esclaves présents sur les territoires du sud : elle prendra effet au 1er janvier 1863.

 

Malgré la force démesurée de l'Union, les confédérés parviennent à remporter une ultime victoire à Chancellorsville en 1863, au terme de quatre jours de combat acharné. Ils repoussent les soldats du Nord et rejoignent la Pennsylvanie, décidés à ne pas abandonner.

 

 

                Les états du Nord imposent leur victoire

 

La Guerre de Sécession connaît un tournant décisif lors de la bataille de Gettysburg, en juillet 1863. En seulement trois jours, l'Union perd 23 000 hommes et la Confédération en perd 31 000, soit le tiers de ses effectifs. Affaiblis, les Confédérés peinent à tenir tête aux troupes nordistes : le général Grant de l'Union en profite pour s'emparer de la ville de Vicksburg, située au bord du Missisippi, ce qui permet à Washington de placer l'entièreté du fleuve sous son autorité.

 

L'avantage est désormais aux états du Nord. Abraham Lincoln confie le commandement de toute l'armée fédérale au général Grant pour qu'il repousse définitivement les confédérés. Mais les forces sudistes menées par Lee leur tiennent tête, malgré leur effectif réduit.

 

En 1865, la guerre prend fin grâce à la victoire de Grant : il s'empare de Richmond, la capitale proclamée des Confédérés. Le général Lee n'a plus que 26 000 hommes épuisés à ses côtés : acculé, il se rend aux forces nordistes.

 

 

                Une guerre dévastatrice

 

Cette guerre civile de quatre ans a traumatisé les États-Unis : elle a nécessité au total quatre millions de combattants, dont 359 000 sont morts chez les nordistes, 258 000 chez les sudistes et des centaines de milliers de pertes civiles. La violence des combats était telle que les Américains déplorent plus de victimes de la Guerre de Sécession que des deux Guerres mondiales réunies !

 

Abraham Lincoln rejoint la Maison Blanche pour un second mandat lorsqu'il reçoit la capitulation officielle de l'ennemi. Alors qu'il envisage de réconcilier le Sud et le Nord du pays, il est assassiné et ne pourra jamais aller au bout de ce combat...

 

 

 

Maintenant que vous êtes incollable sur la Guerre de Sécession, vous pouvez rejoindre l'équipe du lieutenant Kane dans le premier tome d'Ennemis !

25/02/2021

Esprit, es-tu vraiment là ?

Philippe Charlot et Grégory Charlet nous font découvrir les origines méconnues du spiritisme moderne, à travers l'occulte histoire des Sœurs Fox.

 

Kate et Margaret Fox sont deux jeunes filles qui vivent au cottage de Hydesville, dans l'État de New York. Au XIXe siècle, les activités sont rares dans cette grande compagne pour les deux cadettes. Lors d'une nuit d'orage, elles sont convaincues d'entendre des craquements qui n'ont rien de naturel, répétés et distincts. L'ennui et l'imagination leur jouent des tours mais leur mère, pieuse et superstisieuse, prête une grande attention à leur histoire.

 

Comme tout enfant, Kate et Margaret prennent rapidement conscience de l'intérêt que leurs récits suscitent... Et semblent être elles-mêmes convaincues des phénomènes surnaturels qui ont lieu dans la maison.

 

Selon leurs dires, les bruits provenant de la cave se font de plus en plus fréquents et parfois, en pleine nuit, des objets se mettent à bouger, à se déplacer d'un bout à l'autre de la pièce. Les histoires des deux sœurs dépassent les murs de la maison : elles se mêlent aux commérages des voisins et aux bavardages de la cour d'école.

 

Les deux sœurs mettent alors en place une façon de communiquer : un alphabet proche du morse où chaque lettre correspond à plusieurs coups sourds. Elles établissent un lien direct avec cette entité, aux multiples noms : Charles Ryan, Charles Haynes, Charles Rosma ou encore Karl Masor... Il sera finalement baptisé Pied-Fourchu (Splitfoot en anglais).

 

Leur mère ne cherche pas à décourager leur ardeur, bien au contraire : elle rentre dans leur jeu et se joint à elles lors d'une séance. Par curiosité, elle demande à Pied-Fourchu de combien d'enfants elle est la mère : l'esprit répond sept coups, alors qu'elle n'en a que six. Elle repose la question d'une autre manière : combien d'enfants vivants ? Seuls six coups cette fois. Combien de morts ? Un seul coup sourd. Madame Fox avait perdu un enfant, âgé de trois ans. L'entité avait donc vu juste.

 

 

 

 

Mais qui est Pied-Fourchu ? Le récit des soeurs est bien ficelé : il s'agirait d'un colporteur qui aurait été assassiné dans cette maison et dont le cadavre aurait été enterré dans la cave... D'où leur parviennent les coups. Pour tirer l'affaire au clair, Monsieur Fox et quelques voisins creusent sous la maison, jusqu'à un mètre cinquante de profondeur : ils y découvrent des outils de colporteur et, après une expertise menée des années plus tard, des ossements humains.

 

La presse ne tarde pas à s'emparer de l'affaire, renommée "Les événements de Hydesville" : le phénomène de société est lancé. En très peu de temps, l'engouement pour le spiritisme atteint son apogée aux États-Unis : plus de trois millions d'adeptes, des milliers de médiums et de nombreuses revues spécialisées sont recensés. Parmi les croyants au spiritisme moderne se trouvent des savants, des intellectuels mais aussi des personnalités comme Arthur Conan Doyle et Victor Hugo.

 

Les dons des sœurs Fox attisent la curiosité mais aussi la convoitise... Leur aînée de vingt-trois ans, Leah, voit dans ces capacités occultes l'occasion de s'enrichir facilement et rapidement. Elle investit dans une grande maison à Rochester qui devient le centre de consultations spiritualistes des deux sœurs. En prétendant pouvoir entrer en contact avec n'importe quel défunt, leur succès est immédiat.

 

 

 

 

Mais une telle affaire familiale présente des risques... De nombreux différents, toujours attisés par les journalistes à l'affût du moindre rebondissement, fragilisent la sororité. En 1888, Margaret scelle cette rupture en avouant dans un ouvrage ses tours et ses tactiques pour mener en bateau les clients et les simples curieux. Elle explique comment sa soeur a profité des histoires montées par Kate et elle-même, et que le spiritisme n'est en réalité qu'un jeu manipulateur dont la réussite a dépassé l'entendement.

 

Plus tard, sous la pression familiale, Margaret revient sur ses déclarations pour tenter de sauver leur carrière mais les rares adeptes restants ne leur accordent plus aucune attention. Kate et Margaret finissent leur vie dans la misère et l'indifférence, devenues invisibles aux yeux des autres.

 

Pourtant, l'engouement pour le spiritisme continua : les sœurs Fox n'étaient plus crédibles, mais de nombreux médiums et autres phénomènes paranormaux prirent le relais. Cette croyance spirituelle, qui avait franchi depuis longtemps les frontières américaines, perdure encore aujourd'hui.

 

 

 

 

Les deux tomes Les Sœurs Fox par Philippe Charlot et Grégory Charlet sont à retrouver en librairie.

 

Et si vous vous intéressez au spiritisme dans la bande-dessinée, nous vous recommandons la saga La Fille de l'exposition universelle : Julie PetitClou et son don de voyance se confrontent aux découvertes scientifiques de la Belle Époque. Le troisième tome est paru en janvier 2021 !

18/02/2021

Un conte pour grands enfants qui ne prête pas à rire !

Le nouvel album de Stéphane Louis et Stéphane Hirlemann, L'Homme sans sourire, est à retrouver dès à présent en librairie.

 

Monsieur Hubert 31-36 vit dans le royaume de Joyeux, un roi dépressif qui a interdit à tous ses sujets de rire ou de sourire. L'idée que les habitants, renommés les Sinistres, puissent être plus heureux que sa majesté lui est intolérable ! Et pour faire respecter la loi, une police du sourire surveille nuit et jour le peuple qui se doit d'être malheureux en permanence.

 

Et la désobéissance au roi est lourde de conséquences. Monsieur Hubert 31-36 en sait quelque chose : autrefois joyeux bambin, il a osé rire à sa naissance. Ses parents et lui-même ont aussitôt été opérés de force... Pour ne plus jamais pouvoir sourire.

Adulte, Monsieur Hubert 31-36 est devenu fonctionnaire au service de l'Etat totalitaire : il travaille au Bureau des mauvaises nouvelles, un des nombreux moyens mis en place pour attrister le peuple. Malgré les cicatrices de son visage et sa déprimante routine, Hubert ne s'est pas défait de son optimisme.

 

Tout bascule pour lui lorsqu'il croise la princesse Carmine qu'il admire depuis son enfance : l'inconsciente a quitté le palais pour explorer l'envers du décor, le monde des Sinistres !

 

Mais à rire au nez des règles de son père, elle s'expose au plus grand danger... Monsieur Hubert 31-36 n'hésite pas à risquer sa propre vie pour sauver celle de Carmine. Un acte spontané et désespéré qui bouscule les plans de Fol Espoir, le frère du Roi Joyeux qui compte bien prendre sa place...

 

Homme sans sourire ecrans

 

L'Homme sans sourire est une fable pour grands enfants où la dystopie est allégée par des traits d'humour et par l'absurde de certaines situations. Les rimes du narrateur intriguent autant qu'elles amusent : qui prend le temps de faire des vers dans un univers aussi tragique ? Soyez patient : comme toutes les fables, le récit dissimule une morale, une leçon de vie et peut-être même, une deuxième histoire...

05/02/2021

Quand une vraie chasse au tresor devient fiction : l'histoire de la derniere chasse au trésor de Philippe Esnos

"L'Or du bout du monde", la nouvelle série scénarisée par Jérôme Félix, vient d'arriver en librairie et compte bien faire voyager ses lectrices et lecteurs et leur faire goûter aux frissons d'une profession nimbée de fantasmes et de mystères, celle de chasseur de trésor.

Or du bout du monde jungle

Qu’il s’agisse des péripéties d’Indiana Jones ou de ses enfants de pixels Lara Croft (Tomb Raider) et Nathan Drake (Uncharted), l’activité de chasseur de trésors est l’une des carrières les plus fantasmées depuis les débuts de l'ère moderne. Il faut dire que la perspective de prendre la mer, les airs ou – de manière plus terre-à-terre – des routes non débroussaillées sur son propre continent vers l’inconnu est alléchante, de base. Si en plus de cela, on ajoute dans la balance des rêves de trésors lointains, on obtient le job idéal. Enfin si l’on n’a pas peur d’éventuellement se salir les mains ou de risquer sa vie dans des recoins hostiles et inexplorés de notre belle planète.

Si ce n’est pas les cas (et nous vous comprendrions, nous sommes nous-mêmes très attachés à notre intégrité physique), vous pouvez encore le faire par procuration grâce à la riche documentation partagée par celles et ceux qui ont pris leur courage à deux mains pour se lancer.

Or du bout du monde lecture

Les récits d'expéditions scientifiques et de leurs pendants civils, moins cadrés et plus "rock and roll", narrés par des aventuriers occidentaux comme Giovanni Battista Belzoni, au 19e siècle – qui pourrait figurer parmi les sources d'inspiration d'Indiana Jones, de par sa manie de piller des tombeaux de lointaines civilisations  –  constituaient ainsi de véritables best-sellers déjà en leur temps. Au début de L'Or du bout du monde, nous pouvons observer Laureen – le personnage principal – s'évader de sa condition de domestique irlandaise en se plongeant dans les récits de l'aventurier Richard Francis Burton qui constituaient pour les sujets de la couronne une véritable fenêtre sur un monde encore plein de mystères et de promesses. Mais – contrairement à la plupart d’entre nous – notre héroïne finira par quitter les pages de ses romans pour s’enfoncer dans les forêts de l’Equateur, avec 700 kilos d’or et une vie meilleure pour elle et l’enfant qu’elle avait été obligée d’abandonner, pour objectifs.

 

Philippe Esnos

 

Qu'ils soient plus ou moins pourvus de sens moral ou respectueux des cultures dont ils explorent les vestiges, les chasseurs de trésors n'ont cessé depuis cette époque d'attiser l'imaginaire collectif et de former de nouvelles générations de baroudeurs dont a fait partie Philippe Esnos. Décédé cette année, cet aventurier pur jus en activité depuis 1966 et a parcouru le monde avec une prédilection pour le continent américain et plus particulièrement pour les trésors perdus de sa partie méridionale.

 

Philippe Esnos Jungle

 

C'est d’ailleurs sa quête, bien réelle, du tombeau d'Atahualpa, le dernier empereur Inca, entamée au début des années 2000 qui a inspiré L’Or du bout du monde, le récit qu'il coscénarise avec Jérôme Félix (Jusqu'au dernier...), dessiné par Xavier Delaporte (La lignée...), dont le premier tome est prévu en librairie pour le mois de février 2021. Si Philippe ou Laureen ont fini par découvrir le trésor ? Ah mais il va falloir vous procurer les albums pour le savoir… et peut-être y trouverez des pistes pour partir vous aussi à l’aventure !

Couverture Or du bout du monde

02/11/2020

Le Nouveau monde, terre de libertés

À l'approche des élections présidentielles américaines, replongeons-nous un instant dans l'immigration européenne du XIXe et XXe siècles. Ces millions d'Européens qui traversaient l'Atlantique dans un seul et même but se retrouvaient confrontés au célèbre point de passage, Ellis Island afin d’accéder au rêve américain.
Philippe Charlot et Miras ont décidé que ce lieu serait la pierre angulaire de leur nouvelle aventure 
Ellis Island.

 

 

Couverture

 

Le Nouveau Monde : les Européens surnommaient ainsi le continent américain. Une terre tout juste découverte, libre et offrant des possibilités d'avenir inaccessibles en Europe. Ces belles promesses ont conquis de nombreux courageux : de 1820 à 1920, ce sont 55 millions d'hommes et de femmes aux origines diverses qui traversèrent l'Atlantique.

 

Immigrer vers une vie meilleure

En un siècle, plus de 33 millions d'Européens sont partis pour les Etats-Unis, véritable eldorado : des Irlandais, des Britanniques, des Italiens, des Espagnols mais aussi des Français et des Suisses. Chacun avait ses raisons et celles-ci étaient nombreuses...

Les Irlandais ont fui la Grande Famine due au mildiou, une maladie qui a ravagé les champs de pommes de terre. Les Italiens ont voulu échapper au choléra et à la misère. Des juifs ont tout abandonné pour fuir les polgroms russes et la persécution du Tsar. La maladie, la pauvreté et le manque d'opportunités dans les pays de la Vieille Europe ont poussé tous ces habitants à partir à la conquête du Nouveau Monde. Là-bas, ils étaient convaincus de pouvoir enfin avoir la chance de s'élever socialement et de gagner davantage d'argent.

Les Etats-Unis bénéficiaient d'une image idyllique, celle d'une terre encore inexploitée qui ne demandait qu'à offrir ses richesses. Pour entretenir cette facette, de nombreuses campagnes publicitaires ont eu pour seul objectif d'encourager l'immigration européenne, comme la célèbre figure de l'Oncle Sam. Les compagnies maritimes cassaient leurs prix : certaines proposaient l'aller à seulement 37 livres !

 

Pourtant, la majorité des voyageurs était pauvre et devait se contenter de la troisième classe...

La première et la deuxième bénéficiaient d'un minimum de confort, réservé à leur ordre social et à leurs moyens financiers. Contrairement aux autres, ils ne recevaient qu'une brève visite du médecin et des agents administratifs à bord même du bateau : une fois les modalités achevées, ils débarquaient aussitôt sur le continent. Les Américains savaient que ces gens aisés ne seraient en aucun cas un poids mort : ils avaient déjà des moyens et ne vivraient pas à la charge de la nation.

Quant à ceux de la troisième classe, ils étaient entassés dans l'entrepont : une grande salle sans aération, sous le niveau de la mer et juste au-dessus de la salle des machines. Il faisait très chaud tant les voyageurs étaient serrés. Les conditions d'hygiène étaient déplorables et le confort, inexistant : ils dormaient sur des paillasses surperposées, mangeaient un mélange de pommes de terre et de harengs et n'avaient pas la moindre intimité. Les maladies se propageaient vite, si bien que certains n'eurent pas le temps ni la force d'atteindre leur destination.


Après de nombreux jours passés en mer, les immigrés de la troisième classe entament une longue et angoissante procédure : le dédale administratif d'Ellis Island.

 

 

 

D'Européens à Américains

Le centre d'immigration d'Ellis Island n'a ouvert ses portes que le 1er janvier 1892 : auparavant, les immigrés étaient directement accueillis à Manhattan, au déplaisir de ses habitants. Appelée la Golden Door (la Porte Dorée), cette île délaissée était le point de passage obligatoire pour espérer débarquer aux Etats-Unis.

Malgré l'épuisante traversée, les voyageurs revêtaient leurs plus beaux habits : il s'agissait de faire bonne impression. Première étape : le contrôle d'hygiène. Réalisé en à peine six secondes (ce qui lui a valu son nom, le "six second physical"), les agents déterminaient si un individu était malade ou invalide. Certains devaient simplement être placés en quarantaine, le temps de se soigner, tandis que d'autres étaient priés de repartir dans leur pays d'origine. Bien que la compagnie maritime prenait en charge les frais du retour, c'était un bouleversement et un échec pour ces voyageurs qui avaient tout misé sur leur nouvelle vie en Amérique.

 

 

 

Pour les autres voyageurs, il reste encore bien d'autres obstacles à franchir avant de savourer la réussite.

Les plus chanceux étaient ceux en bonne condition physique : ils pouvaient rejoindre le grand hall, soit la salle des enregistrements. Il fallait désormais prendre son mal en patience car cette pièce immense pouvait accueillir plus de 10 000 immigrés en une journée. Assisté d'un traducteur, un inspecteur interrogeait le nouvel arrivant afin de procéder aux vérifications administratives et législatives : son identité, son âge, son origine mais aussi s'il avait déjà été interné, emprisonné, s'il était anarchiste ou encore polygame... Une trentaine de questions au total, auxquelles les immigrés devaient se soumettre.

Après de longues heures passées dans l'angoisse et l'incertitude, environ 80% des voyageurs pouvaient enfin entendre la phrase libératrice : "Welcome to America" (Bienvenue en Amérique). Ils embarquaient dans un dernier bateau pour rejoindre le continent et une fois dans New York, c'était à eux seuls de trouver du travail, un logement, à manger... Bref, de survivre dans le pays de la liberté.

 

 

 

 

L'organisation de ces nombreuses arrivées aux Etats-Unis fut si efficace qu'aujourd'hui, on estime à plus de 100 millions d'Américains ceux qui ont un ancêtre qui s'est rendu à Ellis Island.

L'immigration aux Etats-Unis fut une étape cruciale dans l'histoire du pays. Encore aujourd'hui, c'est une problématique récurrente qui est sujet à polémique entre les citoyens : elle est d'ailleurs au centre des élections présidentielles américaines de novembre prochain.

 

Pour en apprendre davantage sur Ellis Island et l'immigration européenne, découvrez l'histoire de Tonio, un jeune italien qui se retrouve prisonnier de la Porte Dorée dans le tome 1 d'Ellis Island par Philippe Charlot et Miras, aux éditions Grand Angle.

16/06/2020

Grand Angle célèbre les 80 ans de l’appel du 18 juin : coup de projecteur sur Charles de Gaulle et les Compagnons de la Libération

“L’appel du 18 juin” du Général de Gaulle lancé en 1940 depuis l'Angleterre est devenu le symbole d’une France qui n’a pas cessé de se battre face à l’Allemagne nazie et qui lui a permit de gagner sa place dans le rang des vainqueurs. Aujourd’hui, nous fêtons ses 80 ans non sans émotion chez Grand Angle.

 

Charles de Gaulle : quatre tomes à la mémoire d’un homme qui a fait l’Histoire de France

 

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Le Général, bien qu’on le nomme aujourd’hui par son titre militaire n’a pas toujours été le Général de Gaulle. La bande dessinée Charles de Gaulle chez Grand Angle vous dévoile l’histoire du soldat et du Caporal de Gaulle, bien avant son appel emblématique du 18 juin 1940.

On y retrace la vie de Charles de Gaulle en quatre périodes marquantes, découpées en quatre tomes de bande dessinée. La narration discrète du scénariste Jean Yves Le Naour met en valeur les aventures du personnage qui ont ponctué sa vie. Le lecteur est spectateur de l’oeuvre et apprécie de se laisser entraîner dans un morceau de notre passé, non sans une certaine admiration lors du passage sur  la libération de la France par le héro “de Gaulle”.

 

Les Compagnons de la Libération : de grandes figures résistantes mises en lumière

 

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Jean Moulin, le Général Leclerc, Pierre Messmer, Romain Gary… Ces noms ne vous sont sans doute pas inconnus : ce sont ceux de célèbres héros résistants qui ont voué leurs vies à la France et qui appartiennent à l’Ordre de la Libération. Grand Angle, avec la collaboration du célèbre historien Jean Yves Le Naour, ont voulu raconter la vie de ses héros décorés par Le Général à la fin de la 2nde guerre mondiale dans une collection dédiée Les Compagnons de la Libération. Chaque tome met en lumière un Compagnon et on découvre l’exploit qui a fait de lui un héro de la France.

 

Les cahiers pédagogiques Grand Angle et leurs dossiers historiques

 

Parfois, la lecture d’une bande dessinée ne suffit pas pour saisir toute l’ampleur d’un sujet. Pour prolonger l’expérience, Grand Angle a réalisé, comme pour beaucoup de ses autres bandes dessinées, des cahiers pédagogiques qui approfondissent le sujet.

Charles de Gaulle et Les Compagnons de la Libération bénéficient de cahiers de huit pages en fin d’album réalisés par des experts du domaine. La fondation Charles de Gaulle et Jean Yves Le Naour se sont occupés d’apporter du contenu pour la première collection tandis que pour la seconde, les dossiers ont été conçus par l’Ordre de la Libération, la fondation Messmer et Thomas Rabino. Vous pouvez retrouver ce contenu gratuitement sur l’espace documentaire du site de Grand Angle et Bamboo édition.




L’appel du 18 juin, en plus d’être un symbole fort de la Résistance et un événement marquant de l’Histoire de France, nous pousse, lors de sa commémoration, à se souvenir de ce qu’il s’est passé et des grands héros qui ont libéré notre pays. Avec les BD Grand Angle, vous pouvez accomplir le devoir de mémoire qui nous incombe tous mais en y ajoutant le plaisir de la lecture. Après tout, l’important, c’est de savoir et de ne jamais oublier, peu importe le moyen de le faire, alors pourquoi pas en bande dessinée ?

21/01/2020

Le traumatisme psychique à cause des guerres!

Après la guerre et le retour à la vie normale quand on a été soldat. Comment expliquer aux proches ce vécu inavouable ? Comment reprendre une vie qui a continué sans vous? Comment reprendre le cours de sa vie quand on a tué des innocents? 

 

 

 

 

La guerre laisse des cicatrices physique qu'on peut remarquer chez le guerrier mais les plus durs sont les cicatrices morales qui causent des traumatismes psychiques que juste la personne même peut les sentir et parfois elle n'arrive même pas à les raconter, comme dans la BD "Puisqu'il faut des hommes" ce jeune Joseph est très marqué par ce qu'il a vu en Algérie et il a ramené de lourds secrets avec lui!

Cette BD traite du stress post traumatique (TSPT) et du retour à la vie ordinaire lorsque l'on revient d'une telle épreuve !

 

Quelques Informations sur le Trouble du Stress Post Traumatique (TSPT)

 

*Le TSPT est un trouble du comportement qui survient généralement suite à un événement traumatique. Une situation ou une personne est confrontée à la mort, ou risquant une grave blessure menaçant son intégrité physique, cette expérience lui déclenchera un sentiment de peur intense ou d’impuissance.

 

 

Les symptômes des personnes souffrant d’un TSPT sont multiples mais les trois réactions observés le plus généralement sont : 

  1. Syndrome de reviviscence : Revivre continuellement la scène traumatique en cauchemars
  2. Symptôme d’évitement : Chercher à éviter par tous les moyens tout ce qui peut rappeler la scène traumatique
  3. Symptôme d’hypervigilance : Même sans présence de danger imminent, la personne montrera des signes de méfiances exacerbés 

 

*9% des personnes ayant vécu une situation traumatique (Accident de voiture, agression physique ou sexuelle,…) ont développé un Trouble du Stress Post Traumatique. 

*Les femmes présentent un risque deux fois plus important que les hommes de développer un Trouble du Stress Post Traumatique

*Et La durée du Trouble du Stress Post Traumatique est très variable, de quelques semaines à plusieurs années. Néanmoins, la moitié des personnes s’en remettent spontanément en l’espace d’un ou deux ans. 

 

Le lein de la BD : http://bit.ly/PFH-BD 

 

26/11/2019

Les coulisse de Jusqu'au dernier - partie 02 - les secrets d'écriture de Jérôme Félix

Encore plus de détails sur la création de "Jusqu'au dernier" avec son scénariste Jérôme Félix! 

 

 

SCÉNARIO


Comme Tome ou Yann, je fais partie de ces scénaristes qui préfèrent livrer leur script sous forme de petits storyboards. Sur les deux premiers tomes deL’Héritage du diable, Paul les suivait scrupuleusement. L’idée était qu’il puisse se consacrer au dessin sans avoir à se soucier de la narration. Aujourd’hui, il a toute latitude de changer mon story qui est de moins en moins précis. Ce qui est étonnant, c’est que je reconnais tous mes trucs dans la mise en scène de Paul, mais en nettement mieux. Je n’en suis pas peu fier...

Story-board de Jérôme Félix à gauche,
celui de Paul Gastine à droite.

 

 

 

RETOUCHE DE PLANCHE


Dans chaque album, il y a toujours des planches qui posent problème. Ici, ce fut notamment le cas pour la 15 qui pourtant, n’avait soulevé aucune inquiétude à la lecture du script.
J’ai immédiatement compris que la page ne fonctionnait pas quand je l’ai vue terminée. Primo, le fait qu’il se passe du temps entre les case 5 et 6 n’était pas suffisamment explicite. Secundo, l’idée que Russell donne ses économies à Kirby pour que ce dernier s’occupe de Bennett m’apparaissait anecdotique alors que c’était censé être l’idée forte de la page. Il m’a fallu une bonne journée pour comprendre que c’était la case 5 qui posait problème. Le fait qu’elle occupe toute la largeur de la page faisait que le lecteur ne savait pas si elle faisait partie de la première partie de la page ou de la seconde. Ça pouvait tout autant être un zoom de la case 4 où un “dézoom” de la case 6. De plus, la taille de la case donnait plus d’importance au visage de Russell qu’à son sac.
En allongeant la hauteur de la case 1 et en réduisant la largeur de la 5, on intégrait cette dernière dans un espace-temps clair (celui où tous nos héros sont ensemble) et dans lequel le sac d’argent venait conclure la scène.


J’ai également demandé à Paul d’enlever la case 7 (celle des sabots) qui cassait le mouvement de la caméra de la seconde partie de la page. Sans les sabots, on part d’un plan éloigné (les cavaliers qui arrivent dans le canyon), on enchaîne avec la case des outlaws vus de dos cadrés en plan moyen et on finit sur un gros plan (Russell). C’est vraiment important d’avoir une logique claire dans un découpage et les sabots vus en gros plan cassaient cette logique narrative. À partir de là, j’ai réécrit les dialogues de la page pour qu’ils correspondent à notre nouvelle narration.


Ce qui est chouette dans notre relation de travail avec Paul, c’est qu’on accepte tous les deux que l’autre puisse intervenir sur notre travail. Paul peut intervenir quand il veut sur mes dialogues par exemple et moi sur sa mise en scène. Comme on veut tous les deux le meilleur livre possible, ça ne pose pas de problème.

 

 

FAIRE DESSINER UNE GRANDE IMAGE À PAUL


Paul déteste ça. Il trouve ça inutile. Pour lui, c’est juste un truc pour dire : « Regardez comme je dessine bien, regardez, regardez ! » Comme Loisel, il est convaincu qu’on peut tout à fait épater le lecteur dans des petites cases bien composées et surtout narratives. Pour Paul, plus de cases, c’est plus d’histoire et tant pis si ça l’empêche de briller. Maintenant que vous savez ça, imaginez combien il fut difficile de le convaincre de dessiner la page 3. Eh bien, en fait non. Il adorait l’idée du titre en prégénérique de l’album... Mais ce fut la seule exception de l’album avec l’image de la page 4. Deux grandes images sur deux pages qui se suivent... incroyable !

 

 

METTRE EN SCÈNE DES COW-BOYS


Avant la guerre civile (1861-1865), le travail des cow-boys consistait à conduire les bovins du Texas vers les marchés de l’Est et de l’Ouest. Mais après-guerre, leur rôle prend une importance vitale. En effet, les Longhorns du Texas doivent désormais traverser la moitié du pays pour nourrir les colons qui affluent dans l’Est. Les voyages qui peuvent durer jusqu’à 4 mois doivent être menés par des hommes expérimentés. Mais malheureusement pour eux, le développement du train va tout changer et en à peine 10 ans, les cow-boys se retrouvent quasiment sans emploi. La plupart n’arriveront pas à se réintégrer dans un monde qui lorgne déjà vers le XXe siècle...
J’adorais vraiment l’idée de mettre en scène la fin d’un monde, celui de l’homme libre qui vit dans la nature et l’arrivée d’un nouveau plus civilisé. À part le western, je ne vois pas d’autres univers où ce contraste est possible.

 

 

CHOIX DU TITRE


Au début du projet, l’album s’appelait : Le dernier cow-boy. Ça n’emballait pas vraiment Paul et on s’était dit qu’on y réfléchirait plus tard. Et puis la séquence qui devait justifier ce titre n’a pas survécu à la seconde version du script. On a donc avancé sans titre jusqu’au moment où l’éditeur nous l’a demandé.


On décide alors de se prendre un après-midi pour arrêter notre choix et au bout d’un moment Paul qui aimait bien le mot “dernier” du titre initial propose Jusqu’au dernier… en me demandant de trouver le dernier quoi. Jusqu’au dernier moment, Jusqu’au dernier soupir, on passe deux heures à essayer des tas de choses sans trouver. Et là, je dis à Paul que Jusqu’au dernier tout court marche parfaitement !

 

 

 

 

CHOIX DE LA COUVERTURE

 

Pour le choix de la couverture, c’est toujours pareil, personne n’est jamais d’accord. Les auteurs veulent ça, les éditeurs autre chose et les commerciaux n’aiment rien... Ça discute, ça hurle, ça s’empoigne !!! Les uns menacent, les autres supplient... Le rituel est immuable

Pour la couverture de Jusqu’au dernier, on a proposé en premier, la couverture qui deviendra celle de l’édition courante mais Bamboo nous a demandé d’autres propositions. Paul a produit une série de 8 images. Pour nous la plus belle visuellement était la 8 mais on était d’accord avec Bamboo pour dire qu’elle ne racontait pas un moment suffisamment percutant. Finalement on a sélectionné la 2 et la 7. Je suis ensuite allé demander conseil à mon voisin et ami Denis Bajram, réputé dans le milieu pour être un magicien de la couverture. Je l’ai vu s’emparer de la proposition 2 et la faire mûrir. Plus de contraste, le fusil remplacé par deux colts. Pour moi, c’était fait, on avait la couv’. Paul adorait. Bamboo moins. On a convenu que Paul finalise les 3 propositions pour arrêter notre choix (couverture édition courante – couverture édition luxe + visuel ex-libris). Mais entre-temps, l’éditeur avait montré la couverture initiale à des libraires qui l’ont adorée. Problème, nous on en voulait plus... Quand je vous dis que les couvertures, c’est toujours le bazar...

25/11/2019

Les coulisses de Jusqu'au dernier - partie 01 -

Découvrez tous les détails de création du western crépusculaire Jusqu'au dernier, avec une interview spéciale de son dessinateur Paul Gastine par son scénariste  Jérôme Félix !

 

 

 INTERVIEW DE PAUL GASTINE PAR JÉRÔME FÉLIX

 

Au début, je me souviens, on voulait se lancer dans un récit d’héroic fantasy. Mais comme l’éditeur voulait absolument un oneshot, on a craint de ne pas avoir assez de place pour développer un véritable univers. Par contre, j’ai complètement oublié comment on en est arrivés à choisir de faire un western ?


Tu m’avais présenté quelques idées de scénario, dont l’histoire pouvait se dérouler à différentes époques et dans différents lieux, mais toujours entre Moyen Âge et début de l’ère industrielle. Moi j’étais frustré de ne pas pouvoir me lancer en fantasy et j’avais notamment commencé à apprendre à dessiner des chevaux. En discutant, on s’est rendu compte que les deux scénarios qui avaient notre préférence, avec des histoires humaines fortes, seraient parfaits dans un cadre western. J’ai orienté mes recherches vers cet univers et l’enthousiasme a très vite grandi. J’avais envie de tout dessiner et plus je me documentais, plus je m’immergeais. Tu étais friand du genre depuis bien plus longtemps que moi, alors il n’y a eu aucune difficulté à s’accorder sur un projet.


Qu’est-ce qui t’a convaincu dans l’histoire que je t’ai alors racontée ?


Plusieurs choses ! En premier lieu les personnages. Je me suis tout de suite attaché au trio principal de cow-boys ainsi qu’à l’institutrice.Mais c’est vraiment le personnage de Bennett qui a été le déclic. La façon dont il était amené dans ton histoire, le fait qu’il était simple d’esprit et fragile dans le monde impitoyable de l’Ouest le rendait attachant à la première évocation, et j’ai su immédiatement que ce serait lui la clé de l’histoire. Avant même de commencer les pages je fourmillais d’idées pour harponner le lecteur avec ce personnage.
Il rendait les deux autres cow-boys attachants. Pas seulement par contraste d’âge ou de caractère, mais parce que j’adorais l’idée que ces types bourrus, à la vie difficile, devaient se coltiner en prime un simplet qui était constamment dans leurs pattes. C’était une mine de beaux moments, de drames et peut-être même de gags. Et puis il y avait Miss Collins, l’institutrice de Sundance, le havre d’humanité et de gentillesse dans une foule de personnages guidés par la colère et le cynisme. J’aimais le fait que tous ces personnages étaient en lutte contre les travers de leur époque. Les cow-boys face à l’industrialisation, l’institutrice face à la misère humaine, sous à peu près tous ses aspects. Tout ce petit monde nageait tant bien que mal à contre-courant, ce qui les rendait forcément très attachants. L’environnement des grandes plaines, le petit village, les montagnes et les gorges ont achevé de me convaincre. J’avais envie de tout dessiner. Comment as-tu réagi quand tu as découvert qu’au final, ce sont les méchants, en l’occurrence le maire de Sundance, qui gagnent à la fin de l’histoire.

 

Quel est ton avis sur ce personnage qui est prêt à tout, y compris au pire pour sauver son village de la misère?


Curieusement, je l’avais envisagé comme le grand méchant à la première lecture et puis j’ai fini par changer d’opinion à mesure que je dessinais l’album. Son village est vieillissant, au bord de l’exode, et c’est toute une vie d’efforts qu’il voit s’effilocher. D’une certaine façon je l’ai trouvé proche du personnage de Russell. Les deux sont rudes, sanguins et s’il le faut, impitoyables. Mais surtout, ils sont amenés à faire des choses terribles, à prendre des décisions catastrophiques par peur et par colère. Ce qui les rend crédibles. À leur place, qui pourrait se vanter de ne pas envisager les choses de leur point de vue? C’est ce que j’ai adoré dans cette histoire : la notion de gentils et de méchants est changeante, sinon absente. Le lecteur est impliqué, c’est pour ainsi dire lui qui fait tomber le verdict. Qui est bon, qui est un salaud, selon ses propres critères. Pour ma part, le seul véritable méchant est l’envoyé de la compagnie, Clifton. L’argent et le merveilleux monde des affaires en prennent pour leur grade dans cet album. Autre point qui m’a motivé.


À l’époque, Undertaker venait juste de relancer la mode du western en BD et se lancer dedans signifiait encore aller jouer dans la cour des grands dessinateurs. En avais-tu conscience et avais-tu peur d’aller sur le terrain de jeu de Giraud, Boucq, Hermann ou encore Blanc-Dumont que tu aimes beaucoup ?


J’en étais conscient, mais j’ai décidé de ne pas en tenir compte. J’avais une histoire à raconter, des personnages à m’approprier et 65 pages à dessiner dans un univers où je débarquais. Autrement dit trop de pain sur la planche pour théoriser ou philosopher. Je me bats encore pour que mes chevaux n’aient pas l’air de girafes. Je ne pense pas avoir été sur le terrain de jeu de qui que ce soit et je n’en ai pas très envie. J’essaie avant tout d’étendre le mien, sans trop me laisser influencer. Je suis une éponge et j’aurais trop vite fait d’adopter un style qui n’aurait plus été le mien.


Comment vivais-tu le fait qu’on allait obligatoirement comparer ton travail à celui de ces dieux du dessin ? Est-ce pour cela que tu as mis 3 ans à réaliser l’album ?


J’ai mis 3 ans à réaliser l’album parce que je suis un imbécile qui ne supporte pas de rendre une page à moitié cuite. Je suis maniaque du détail et la richesse graphique de l’univers western était un piège évident pour quelqu’un comme moi. Je m’y suis laissé prendre avec un plaisir monstrueux. Mon objectif premier, c’était les personnages.
Je voulais les rendre vivants. Ça ne se fait pas d’un claquement de doigts et j’ai travaillé, retravaillé les expressions, les cadrages, les attitudes, jusqu’à atteindre l’effet voulu. Quant aux décors, entre le bois, la roche, les arbres... je me suis peut-être égaré de temps en Ntemps. Mais seul le résultat compte et cet album est le premier dont je sois réellement satisfait, sans aucun regret. Les comparaisons viendront fatalement, mais qu’elles soient positives ou négatives, je saurai que j’ai fait de mon mieux et que l’album nous ressemble avant tout.

 

 

Quel était ton rapport au western ? Y avait-il des livres ou des films qui t’avaient marqué ? Je sais, par exemple, que tu adorais le jeu Red Dead Redemption.


Je l’adore toujours ! Galoper des kilomètres durant dans les plaines, le désert... Je n’oublierai jamais la première fois que j’y ai joué. Le jeu retranscrit vraiment bien la sensation de liberté, mais aussi le caractère impitoyable et hostile de l’époque. Ça a vraiment été la porte d’entrée pour moi. Avant ça, j’avais lu mes Lucky Luke, mes Blueberry et vu quelques films. Mais rien de tout ça ne m’avait jamais donné l’envie de m’y mettre vraiment, de dessiner les chevaux, les trains et tous les autres ingrédients. 

À l’époque je dessinais passionnément d’autres choses. C’est en me documentant pour Jusqu’au dernier que je me suis vraiment plongé dedans. La vie de l’époque, les métiers, le fonctionnement de la société... j’ai tout pris depuis le début, tout découvert. La naissance et l’évolution de la société américaine à ses débuts est un sujet passionnant et un terreau inépuisable d’histoires. Et puis tu m’as prêté Liberty Valance, Rio Bravo, Impitoyable et
j’ai compris que ce que j’aimais dans le western au-delà du décorum, c’était l’humanité qu’il y avait dedans. D’où ma tendance à préférer du John Ford à du Sergio Leone, que je trouve trop axé sur le style et dont les personnages me laissent toujours indifférent. Voilà qui promet des débats musclés en dédicace !

 


Parlons un peu de la réalisation de l’album. Comment as-tu réalisé le casting des personnages ?


Je ne peux pas dessiner un visage qui ne m’emballe pas sur des pages et des pages, alors parfaire le casting était crucial. Je me suis basé sur des acteurs que j’aime, des visages qui m’ont marqué, ou encore un ami par-ci par-là. Emmett par exemple, le tenancier du General Store de Sundance, est un caviste de ma connaissance.
Certaines personnes de la vie quotidienne ont un visage inspirant, qui fait merveille dans tel ou tel style d’histoire, et souvent l’idée de figurer dans un album les botte bien. Il serait idiot de ne pas leur proposer. Miss Collins a hérité d’un peu d’Ellen Page, Russell d’un trait ou deux d’un top model des années 80 dont le nom m’échappe. Qui l’eût cru ? Mais certains traits de visage m’intéressaient, et je les ai intégrés. Pour Bennett, je me suis plus sérieusement basé sur Anthony Perkins jeune. La sensibilité, la fragilité et la sympathie qu’il dégageait, par contraste avec le panel de l’époque, m’a toujours beaucoup plu. Et tous ces aspects de Perkins collaient parfaitement à notre Bennett. Pour le reste, j’ai été piocher dans les «gueules » du cinéma américain et anglais, pour en retirer quelques éléments. Un nez de Woody Harrelson par-ci, un œil de Powers Boothe par là... Clifton, la vipère en haut-de-forme, est très inspiré de John Neville, qui a joué le baron de Münchhausen et Sherlock Holmes dans les années 60. L’important est de ne pas copier, mais de savoir s’approprier ce qu’on aime chez les gens qui nous inspirent, pour réinsuffler cette énergie dans les personnages.

 


J’aimerais aussi connaître les scènes qui furent les plus agréables à réaliser ?


Toute l’introduction de l’album, jusqu’à l’arrivée à Sundance, a été un vrai plaisir. Les décors varient de page en page, on présente les personnages, on voit leur mode de vie. C’était passionnant à mettre en scène et à dessiner. J’ai notamment adoré dessiner la séquence à Abilene, avec les enclos, le train, la banque. La scène avec Orson, le banquier-barbier, a été un régal à faire, car il y a beaucoup de jeu d’acteur. Il y a de la complicité entre les deux vieux briscards, de l’humour. Mais aussi du regret et de l’inquiétude. J’ai adoré faire passer l’idée que ces deux-là se connaissaient depuis trente ans. J’aime aussi beaucoup l’ambiance de la séquence de convoi qui suit, quand Russell rencontre une connaissance dans une ferme, sous la pluie. Je me suis donné à fond sur la lumière du soleil perçant à travers les nuages gris et sur les effets de pluie. Je voulais qu’on puisse sentir la ferme, l’herbe, la gadoue. C’est ce genre de petits défis qui, en dehors de l’intrigue principale, m’amusent le plus. Comment immerger le lecteur par le dessin.

 


Et évidemment celles où tu as le plus galéré. Y a-t-il des moments où tu m’as maudit ?


Moins que sur notre série précédente ! Plus sérieusement, il n’y a pas de séquence que j’aie globalement détesté faire. En revanche pour ce qui est de galérer...les deux tiers de l’album. Rien ne m’a jamais paru évident. Dans le cas contraire, je me serais sûrement ennuyé. Le train, les chevaux, le village sont des éléments qui m’ont rendu fou à l’occasion. Comme je veux que le lecteur ait toujours quelque chose à voir, je m’arrache les cheveux pour en montrer le plus possible tout en gardant une mise en scène sobre, qui ait du sens. Certaines séquences ont été lourdes à réaliser, mais cela tenait à la nature de l’histoire et aux événements tragiques qui y étaient racontés. C’est bien sûr dans de telles séquences qu’il fallait redoubler d’efforts.

 

 

 

Ce qui m’impressionne le plus chez toi Paul, c’est la qualité de jeu de tes personnages qui ne surjouent jamais. La dernière case de la page 38 en est l’exemple typique. Écrire pour toi, c’est comme scénariser un film joué par Al Pacino, De Niro et Marlon Brando. Dis-nous en plus sur ta manière de mettre en scène tes personnages.

 

La mise en scène dépend de la nature de ladite scène. J’essaie avant tout de coller aux personnages, à ce qu’ils font, disent ou pensent dans le script. La mise en scène sera plus nerveuse dans une coursepoursuite que dans un dialogue posé en intérieur. Un des dangers de la mise en scène en bande dessinée, c’est de noyer les personnages sous des effets gratuits. Dans mon cas, les personnages ont toujours imposé la mise en scène. D’une certaine façon ils la dictent, et mon rôle consiste souvent à m’effacer. Cadrages simples et sobres, à hauteur d’homme, et les personnages prennent le relais. Et c’est là que je m’arrache les cheveux. La plupart du temps mes acteurs comprennent vite, mais il faut leur expliquer longtemps ! Dans le pire des cas, je ne les tiens qu’au bout du quinzième crayonné. Mais retranscrire les émotions est ce que je considère le plus important, alors ça vaut le coup de s’accrocher.

 


Bennett, Russell, Kirby et Miss Collins meurent tous dans l’album. Est-ce facile de dessiner la mort des héros d’une histoire ?


Oh non. C’était pénible à faire. D’autant plus qu’il fallait parfois retranscrire la cruauté ou l’absurdité d’une mort, pour le bien de l’histoire. Alors quand on a insufflé la vie à un personnage, qu’on l’a porté longtemps, qu’on s’y est attaché... Non, c’était vraiment pesant. Les morts de Bennett et Kirby ont été les plus atroces à cet égard.

 


Tu te rappelles, à la moitié de l’histoire, je t’ai alerté sur le fait que les lecteurs allaient s’habituer à l’excellence de ton dessin et qu’il fallait absolument leur offrir quelque chose de nouveau pour la suite. À défaut de quoi, ils risquaient d’être déçus. Comment as-tu pris cette remarque et quelle a été ta réaction,
graphiquement parlant ?


Je me souviens que je n’ai d’abord pas trop su quoi faire de cette remarque. J’étais à fond, je ne voyais pas ce que je pouvais donner de plus. Et puis l’histoire a basculé une page ou deux plus tard, et tout ce que je pouvais faire était d’accorder la mise en scène, le dessin et la couleur à ce deuxième acte plus sombre. J’étais moi-même plus sombre après la mort d’un des personnages, alors j’ai balancé toute la hargne que je pouvais aux endroits appropriés. La scène de la course-poursuite dans les gorges a été un vrai défouloir, émotionnellement et graphiquement. Les rochers, la pluie, le vide, une rivière sauvage qui déborde, c’est d’enfer pour se lâcher.

 
S’il y a bien une chose que j’ai compris durant nos 15 ans de collaboration, c’est que tu aimes changer régulièrement d’univers et pourtant tu m’as demandé de t’écrire un nouveau western après Jusqu’au dernier.


Oui, car l’autre histoire dont on avait discuté avant de se lancer me plaisait aussi énormément. Avec cet album, j’ai commencé à trouver mes repères dans l’univers du western et je voulais les exploiter en allant plus loin, dans un environnement différent que je n’avais jamais eu l’occasion d’explorer vraiment. Et franchement, quel dessinateur digne de ce nom refuserait de dessiner une chasse à l’homme dans la neige ?

 

 

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